// Souffrance psychologique au travail
une prévention nécessaire
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- Photographie : Anna Shvets (Pexels)
En Belgique, des travailleurs angoissent à l’idée de se rendre au travail. Même si les entreprises doivent tenir compte du bien-être de leurs employés, les dérives sont encore nombreuses, et les solutions proposées semblent insuffisantes.
Selon une étude menée en avril 2024 par les services RH Securex et la KU Leuven, un tiers des travailleurs belges (30 %) ne se sentent pas « en sécurité psychologique » au travail. S’ils ne sont pas pris en compte à temps, cela peut mener à du stress, de l’anxiété, voire à un burn-out.
D’après le SPF Emploi, les risques psychosociaux sont « la probabilité qu’un ou plusieurs travailleurs subissent un dommage psychique qui peut également s’accompagner d’un dommage physique, suite à l’exposition à des composantes de l’organisation du travail, du contenu du travail, des conditions de travail (…) ». C’est un vrai enjeu pour l’entreprise, qui verra la productivité de ses employés baisser, et donc ses coûts augmenter.
Ce que dit la loi
Le SPF Emploi précise que la loi « fixe un cadre général pour la prévention des risques psychosociaux au travail. » Si une entreprise ne respecte pas ce cadre, l’employeur ou le supérieur hiérarchique concerné est susceptible d’encourir des amendes voire une peine de prison. Cependant, pour que cela arrive, il faut que l’employé entame lui-même une procédure, alors qu’oser parler de son mal-être demeure encore très difficile.
En 2021, selon le site CommYounity, un employeur a été condamné par la justice pour « avoir manqué à ses obligations en matière de prévention du risque d’épuisement professionnel ». C’est la première condamnation belge dans le pénal recensée au sujet du bien-être au travail.
Que devraient faire les entreprises
Selon l’étude de Securex, l’augmentation du taux de mal-être au travail va de pair avec l’accroissement de la proportion de supérieurs ayant un « comportement contrôlant » (augmentation de 69 % entre 2021 et 2024). Afin de réduire les risques psychosociaux, basculer vers un « comportement soutenant » serait une solution.
« La prévention est tout aussi importante que l’intervention. » indique Emely Theerlynck, conseillère en prévention aspects psychosociaux chez Securex. En ce sens, le SPF Emploi a créé un guide de prévention à destination des employeurs. La plupart de ces recommandations encouragent le dialogue.
Si, en théorie, il existe des solutions, dans les faits, elles restent difficilement applicables et le taux de mal-être au travail ne cesse d’augmenter. De plus, le problème ne se situe pas seulement en Belgique : il est aussi européen, voire mondial.
