// Like de Boris Dillès : le cordon sanitaire menacé ?
BORIS DILLÈS like une figure de l’extrême droite française.
- Un article signé Ousmane Diallo
- Photographie : Montage photo réalisé par Ousmane Diallo
Boris Dilliès suscite une vague d’indignation par un like d’un post Instagram d’une figure majeure de l’extrême droite française — Robert Ménard.
Il a suffit d’un like sur le post Instagram de Robert Ménard, maire de Béziers, pour que Boris Dilliès, premier élu d’Uccle soit interpellé par les socialistes de la commune. Ce simple geste met-il en danger le cordon sanitaire ?
C’est quoi cette histoire de cordon sanitaire ?
Il désigne un accord entre partis démocratiques pour refuser toute alliance ou coopération avec les partis d’extrême droite, afin de les tenir à l’écart du pouvoir et de limiter leur influence politique. En Flandre, il s’agit surtout d’un engagement politique entre partis, tandis que du côté francophone, il existe aussi une dimension médiatique, avec des règles qui restreignent la présence de l’extrême droite dans certains débats ou émissions. Cet accord n’est pas inscrit dans la loi, mais repose sur des chartes et engagements politiques visant à protéger la démocratie contre des forces jugées contraires aux droits fondamentaux.
Qui sont Boris Dilliès et Robert Ménard ?
Boris Dilliès se présente sur son site comme suit « Né le 26 décembre 1972 à Uccle, j’ai passé toute mon enfance dans le Midi de la France (Vence). Français du côté de mon père, j’ai conservé la double nationalité. Vers 10 ans, je suis revenu à Uccle. Mon grand-père maternel, proche collaborateur des Rois Léopold III et Baudouin, a joué un rôle déterminant dans mon engagement politique. Depuis 2013, je suis vice-président du MR bruxellois et également, depuis 2016, président de la dynamique section locale du MR d’Uccle. Le 15 septembre 2017, j’ai prêté serment en tant que bourgmestre d’Uccle. En janvier 2018, la section MR d’Uccle m’a élu pour mener et constituer la liste pour les élections communales d’octobre de la même année. »
Quand à Robert Ménard, au départ, il est un journaliste, essayiste aujourd’hui, il est le maire de Béziers, dans l’Hérault, où il est classé à l’extrême droite. Né en 1953 à Oran, il a d’abord été engagé à l’extrême gauche puis au Parti socialiste, avant de se faire connaître comme cofondateur et président de Reporters sans frontières, organisation de défense de la liberté de la presse. À partir des années 2010, il se rapproche durablement du Front national puis du Rassemblement national, dont il obtient le soutien lors de son élection à la mairie en 2014, et se pose depuis comme promoteur d’une union entre droite et extrême droite au niveau natioNal.
Le like de trop ?
Les socialistes d’Uccle demandent des explications au bourgmestre Boris Dilliès (MR) après avoir vu qu’il avait mis un « like » sur le post instagram de Robert. Dans cette vidéo, il critique durement la crèche « inclusive » installée sur la Grand-Place de Bruxelles, déjà au centre des débats. Avec ce like, Boris Dilliès se retrouve sous pression et doit maintenant clarifier publiquement le sens de son geste. Interrogé par La Capitale, il reconnaît avoir volontairement aimé la publication, mais le bourgmestre rejette toute interprétation d’un soutien à Ménard et juge l’accusation “grotesque” : « Quand vous êtes abonné à un compte, ça ne veut pas dire que vous soutenez le compte. Ce qui me désole dans cette histoire, c’est que ça permet à toute une série de personnes de taper sur les musulmans qui n’ont justement rien à voir avec cette crèche de Noël de la Ville de Bruxelles », déplore Boris Dilliès.
