// place du jeu de balle
un marché un jour de pluie
- Un article signé Zoé Decaluwé
- Photographie : Zoé Decaluwé
Avant 1953 on y jouait à la balle pelote, depuis s’y tient les jours un marché aux puces. La place du Jeu de Balle, située en plein cœur des Marolles, devient tous les matins le décor du Vieux Marché.
Les cloches de la Maria Immaculata sonnent midi sur la place du Jeu de Balle. Le ciel est gris, les pavés humides d’une bruine ambiante. Les passants, emmitouflés sous leurs doudounes et leurs bonnets, les mains enfoncées dans les poches, ne s’attardent pas dans la rue.
« Au marché, au marché, tu peux, tu peux tout trouver! »
Le marché aux puces, connu pour ses nombreux exposants et acheteurs, est victime de cette météo automnale. Pourtant, bien que plusieurs stands semblent déjà avoir remballé, la place n’est pas vide. Différents valeureux vendeurs et passants ont décidé d’affronter le froid et circulent entre les différentes tonnelles rouges, noires ou blanches.
Tous les chineurs sont concentrés, imperturbables dans le reluquage des objets qu’ils observent avec soin, à la recherche de la perle rare. Ils la trouveront peut-être sous ces tonnelles, dans des caisses en carton éparpillées sur les pavés. Pas sûr, car dans ces caisses on retrouve de manière complètement désordonnée et sans regroupement logique des vieux CDs, livres, cadres, vieilles montres, bijoux, jeux de société, vieilles voitures miniatures, vaisselle ou encore des décorations de Noël,…
Plus loin, on peut observer différents mobiliers ou objets de décoration, posés à même le sol, sur des bâches ou autres tissus. On retrouve chaises, miroirs, vases, vieux couteaux, statuettes en porcelaine et autres figurines,… un inventaire à la Prévert. Stand de vaisselle – Vieux Marché Le calme qui règne sur la place renforce l’atmosphère froide de la météo. Les seules interruptions sont celles des vendeurs qui crient « 2€ pièce, 2€ pièce » à l’infini comme si les clients risquaient d’oublier l’information la seconde suivante. Parfois on peut entendre des négociations entrainant à certains moments des éclats de voix quand l’un essaie de rouler l’autre.
Objets et prix intéressants
Parmi les chineurs, on retrouve Mami, habituée du marché : « Je fais souvent de belles trouvailles parce que je préfère tout ce qui est ancien. Avec tout ce qu’on voit dans les magasins aujourd’hui pour acheter des choses de bonne qualité, il faut vraiment mettre beaucoup d’argent, mais ici on peut trouver des choses intéressantes avec des prix intéressants aussi. »
On remballe !
En fin de matinée, les tonnelles se replient et les chineurs se font de plus en plus rares. Les vêtements, plus tôt éparpillés sur les tables, sont remballés dans de gros sacs en plastique, les tables elles-mêmes sont repliées après un « clac », le tout réaménagé astucieusement dans les camionnettes qui, une fois remplies, se fraient un passage sur la place avant de rejoindre la circulation derrière le bus 48. Une fois la place entièrement vidée de ses stands, on retrouve les pavés gros et humides qui, dès demain 6h accueilleront à nouveau les premiers curieux et exposants.
